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    Psychothérapie Belgique

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    Psychologue Psychothérapeute

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    Arrêt tabagique et déprime: état des lieux et pistes d'intervention

    vieil homme fume

    Il y a-t-il un lien entre tabagisme et déprime? Et si oui, comment intervenir?

    Introduction

    Un plan d’arrêt tabagique passe généralement au minimum par un travail motivationnel, un plan d’arrêt structuré, les aides nicotiniques et la prévention des rechutes. D’autres spécificités sont à prendre en compte, comme la déprime.

    Liens entre tabac et dépression

    Comme le soulignent Khaled, Bulloch ,Williams, Hill, Lavorato & Scott(2012, p.436): « l’association entre le tabagisme et la dépression est un phénomène bien documenté qui est constamment reporté parmi les études impliquant une diversité de populations, de designs expérimentaux, de méthodes d’analyse, de définitions du tabagisme et de définitions de la dépression. »

    Près de 60 pourcents des personnes ayant déjà connu un épisode dépressif majeur sont des fumeurs ou des ex-fumeurs. De plus, 17 pourcents des fumeurs souffrent d’un épisode dépressif majeur (Ziedonis, 2008), soit environ deux fois plus que dans la population générale (Durant & Barlow, 2004).

    Il est également bien établi que la consommation de tabac augmente légèrement les risques de dépression à long terme (Khaled et al., 2012 ; Flensborg-Madsen, von Scholten, Meulengracht, Mortensen, Prescott, Schurmann & Tolstrup, 2011). homme triste

    L’impact que peut avoir la dépression dans l’arrêt tabagique

    Weinberger, Pilverd, Desaia, Mazure & McKee (2012) ont mené une étude longitudinale auprès de 11 973 sujets sur 3 ans. Ils ont pu établir que les participants avec une dysthymie (humeur basse sur longue période de temps) étaient deux fois plus à risque de continuer à fumer et ceux avec une dépression mineure étaient 0,5 fois plus à risque.

    Dans leur revue de littérature, Bernard et al. (2013) ont trouvé des résultats mixtes sur l’impact de la dépression majeure dans l’arrêt tabagique. Mais il ressort qu’une évolution des symptômes dépressifs lors de l’arrêt tabagique serait un prédicteur d’échec. Il semblerait également que la dépression favorise les symptômes de manque et de craving (forte envie de consommation) lors de l’arrêt tabagique.

    cigarettes écrasées dans cendrier

    L'importance de la gestion de l'humeur dans l'arrêt tabagique

    Gierisch, Bastian, Calhoun, McDuffie et Williams19 (2011) ont effectué une méta analyse portant sur les interventions d’arrêt tabagique auprès d’une population dépressive. Pour être incluses, les études devaient répondre aux exigences suivantes: répartition aléatoire des sujets, comparer les interventions d’arrêt tabagique entre elles ou à un groupe contrôle, fournir des mesures de l’abstinence tabagique dans une population dépressive. Cinq études incluant 402 sujets répondaient à ces critères tout en testant l’impact de la gestion de l’humeur sur l’arrêt tabagique. Pour chaque étude, un traitement médicamenteux était associé aux stratégies de gestion de l’humeur. Les résultats des études allaient tous dans la même direction : les interventions favorisant la gestion de l’humeur augmentent la probabilité d’être abstinent.

    L’activation comportementale est un célèbre traitement pour la dépression en grande partie basé sur une régulation de l’humeur par l’action et le changement de contexte. MacPherson, Tull, Matusiewicz, Rodman, Kahler, Hopko, Zvolensky, Brown & Lejuez (2010) ont adapté cette thérapie en vue de favoriser l’arrêt tabagique auprès d’une population dépressive. Leur protocole consiste à pousser les clients à mettre en place (1) des activités agréables et stimulantes sans fumer ainsi que (2) des activités qui pourront selon eux les aider à arrêter de fumer et rester abstinents.

    Les auteurs ont mené une étude exploratoire auprès de 68 fumeurs dépressifs répartis dans deux groupes : (1) un groupe avec un traitement pour l’arrêt tabagique et (2) un groupe avec un traitement pour l’arrêt tabagique + l’activation comportementale. Par traitement pour l’arrêt tabagique, il faut entendre l’administration de patchs nicotiniques, l’identification des stratégies efficaces et inefficaces lors des précédentes tentatives, la relaxation, les moyens de coping face aux situations à risque, l’augmentation de l’activité physique, l’identification du support social disponible et des conseils de prévention des rechutes. Ils ont observé une plus grande abstinence tabagique et une plus grande réduction des symptômes dépressifs chez le groupe expérimental (arrêt tabagique + activation comportementale).

    groupe joie soleil couchant

    D'autres études sont nécessaires pour répliquer ces résultats.

    Conclusion

    Il est intéressant d'inclure les interventions agissant sur l'humeur dans le contexte de l'arrêt tabagique. Cela est également vrai pour les personnes dépressives qui envisagent d'arrêter de fumer.

    Quiz

    Si on arrête de fumer, on déprime.
    Non, pas nécessairement. Mais ce peut être le cas chez certaines personnes.
    La cigarette est un antidépresseur.
    Non. Elle a même un effet légèrement dépresseur à long-terme.
    Un moyen de moins déprimer et de s'investir dans des activités agréables et constructives.
    Oui. C'est ce qu'essaye de favoriser la théraie d'activation comportementale.

    Sources

    Calhoun, P. S., McDuffie, J. R., & Williams, J. W., Jr. (2012). Smoking cessation interventions for patients with depression: A systematic review and meta-analysis. Journal of General Internal Medicine, 27(3), 351-360. doi:http://dx.doi.org/10.1007/s11606-011-1915-2

    Flensborg-Madsen, T., von Scholten, M. B., Flachs, E. M., Mortensen, E. L., Prescott, E., & Tolstrup, J. S. (2011). Tobacco smoking as a risk factor for depression. A 26-year population-based follow-up study. Journal of Psychiatric Research,45(2), 143-149. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.jpsychires.2010.06.006

    Khaled, S. M., Bulloch, A. G., Williams, J. V. A., Hill, J. C., Lavorato, D. H., & Patten, S. B. (2012). Persistent heavy smoking as risk factor for major depression (MD) incidence—Evidence from a longitudinal canadian cohort of the national population health survey. Journal of Psychiatric Research, 46(4), 436-443. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.jpsychires.2011.11.011

    MacPherson, L., Tull, M. T., Matusiewicz, A. K., Rodman, S., Strong, D. R., Kahler, C. W., . . . Lejuez, C. W. (2010). Randomized controlled trial of behavioral activation smoking cessation treatment for smokers with elevated depressive symptoms. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 78(1), 55-61. doi:http://dx.doi.org/10.1037/a0017939

    Weinberger, A. H., Pilver, C. E., Desai, R. A., Mazure, C. M., & McKee, S. A. (2013). The relationship of dysthymia, minor depression, and gender to changes in smoking for current and former smokers: Longitudinal evaluation in the U.S. population. Drug and Alcohol Dependence, 127(1-3), 170-176. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2012.06.028 18 Ibid 19 Gierisch, J. M., Bastian, L. A.,

    Ziedonis, D., Hitsman, B., Beckham, J., Zvolensky, M., Adler, L.E., Audrain-McGovern, & Breslau, N. (2008). Tobacco use and cessation in psychiatric disorders: National Institute of Mental Health report. Nicotine & Tobacco Research, 10, 1691–715.