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    Psychothérapie Belgique

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    Psychologue Psychothérapeute

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    La thérapie d’intégration émotionnelle par l’intéroception, les émotions et les cognitions (IEIEC) : introduction générale

    integration couleurs

    Cet article présente succinctement les conditions minimales de la thérapie d’intégration émotionnelle par l’intéroception, les émotions et les cognitions (IEIEC).

    De l’EMDR à l’IEIEC

    Certains praticiens tentent d’appliquer l’EMDR a de nombreux autres troubles cliniques que ce pourquoi elle est validée : les phobies, les deuils, certains troubles psychotiques, les dépressions, les troubles alimentaires pour ne citer qu’eux. Cependant, il est très questionnable d’appliquer le protocole pour les traumas dits simples ayant causé un PTSD, à d’autres troubles. Plusieurs points relèvent de la croyance des praticiens et devraient être validés systématiquement sans a priori : (1)La présence d’événements de vie traumatisants à la base du trouble (Orban, 2018) et (2) l’importance de la cognition négative.

    Par ailleurs, les mouvements bilatéraux qui sont une spécificité de l’EMDR, ne sont pas sa caractéristique active principale. (source : frequent questions about EMDR). Et ses caractéristiques actives principales relèvent des thérapies de l’intégration émotionnelle.

    oeil

    Nous proposons donc plutôt d’envisager l’EMDR comme un cas particulier de thérapie d’intégration émotionnelle appliquée aux personnes souffrant d’un PTSD. Et nous allons proposer notre modèle de l’intégration émotionnelle par l’intéroception, les émotions et par les cognitions (IEIEC) pour faciliter des applications pratiques et adéquates.

    Diverses thérapies validées pour des troubles divers se basent sur l’intégration émotionnelle. Citons (1) l’EMDR, (2) le protocole de Foa, (3) la thérapie de centration émotionnelle de Greenberg. Toutes ont 4 composantes nécessaires en commun: (1) empathie et centration sur la personne de la part du thérapeute, (2)Centration de la personne sur son expérience présente, ceci incluant les sensations corporelles (intéroception), (3) étiquetage émotionnel/verbalisation du vécu, (4) permettre à la personne de faire activement de nouveaux liens positifs et neutres lorsque le matériel négatif est activé.

    Condition 1 de l'IEIEC: empathie et centration sur la personne

    Cela inclut bien entendu la considération positive inconditionnelle et l’empathie dont l’importance est si chère aux thérapies centrées sur la personne. L'hypothèse centrale de cette approche peut être brièvement résumée : "L’individu possède en lui-même des ressources considérables pour se comprendre, se percevoir différemment, changer ses attitudes fondamentales et son comportement vis-à-vis de lui-même. Mais seul un climat bien définissable, fait d’attitudes psychologiques facilitatrices, peut lui permettre d’accéder à ses ressources". (Rogers, 1962)

    Rogers fait notamment allusion au regard positif inconditionnel. "Lorsque le thérapeute éprouve une attitude positive et d'acceptation face à tout ce que le client est en ce moment, peu importe ce qu'il est à ce moment-là, il est vraissemblable qu'un mouvement ou changement thérapeutique se produira". Selo Rogers toujours, un autre aspect thérapeutique de la relation avec le praticien est la compréhension empathique. "Cela signifie que le thérapeute ressent avec justesse les sentiments et les significations de ce dont le client est en train de faire l'expérience. Cela signifie aussi que le thérapeute lui communique cette compréhension." (Ibid).

    Condition 2 de l'IEIEC: l'intéroception

    L’article « Clinical Implications of Neuroscience Research in PTSD » de Van Der Kolk (2006) vaut le détour, en particulier pour le rôle de l’intéroception qui y est souligné à partir de recherches cliniques solides.

    Pour reprendre l’auteur : « L’étude de Lazar apporte du support à la notion selon laquelle le traitement du stress traumatique inclut le fait de de devenir conscient ; d’apprendre à devenir un observateur attentif du flux et reflux de l’expérience interne, et de noter les pensées, émotions, sensations corporelles et impulsions qui émergent. Dans le but de traiter avec le passé, il est utile pour les personnes traumatisées d’activer leur capacité d’introspection et de développer une profonde curiosité à propos de leur expérience interne. Cela est nécessaire pour identifier leurs sensations physiques et pour traduire leurs émotions et leurs sensations dans un langage communicable- compréhensible plus que tout, pour eux-même. »

    Condition 3 de l'IEIEC: l’étiquetage émotionnel et/ou la verbalisation du vécu

    La littérature sur l’étiquetage des émotions et la verbalisation du vécu est très abondante. L’importance de ce processus a même été soulignée dans le cadre du traitement des phobies par exposition :

    Kircanski et al. (2012) ont trouvé des bénéfices additionnels à l’étiquetage des affects dans un échantillon de phobiques des araignées, alors qu’ils effectuaient une thérapie par exposition. En comparaison avec la réévaluation cognitive des pensées, la distraction, et l’exposition seule, l’étiquetage des affects pendant l’exposition a réduit la conductance électrodermale et a augmenté les comportements d’approches au suivi d’une semaine, dans un contexte différent du contexte d’exposition (Kircanski et al., 2012). Ces données suggèrent que le traitement linguistique sous forme d’étiquetage, en opposition avec la thérapie cognitive plus traditionnelle qui tente de changer les contenus des évaluations, peut améliorer les résultats de l’exposition. Nous demandons de manière routinière aux clients d’expliciter leurs réponses émotionnelles sans essayer de changer leurs réponses émotionnelles, en cours d’exposition. (Craske, 2014, p.16)

    Condition 4 de l'IEIEC: démarche active pour créer de nouveaux liens positifs et neutres lorsque le matériel négatif est activé.

    La littérature est abondante mais citons simplement la méta-analyse d’Aldao, Nolen-Hoeksema & Schweizer (2010) selon laquelle la trouvaille des conséquences positives d'un événement même négatif est associée à une moindre pathologie psychologique.

    Conclusion

    Cet article présente les conditions minimales de la thérapie d’intégration émotionnelle par l’intéroception, les émotions et les cognitions. L’IEIEC peut être a priori utile pour les patients évitants, les patients qui ont des difficultés existentielles, les difficultés de deuils, le sentiment de trahison, le manque d’estime de soi, et tous les événements nécessitant une intégration émotionnelle. Ce n’est pas une théorie totale mais une approche thérapeutique compatible avec d’autres approches.

    quiz

    sous-titre Quiz

    L'EMDR est une bonne thérapie d'intégration émotionnelle par l'interoception, les émotions et les congitions.
    Oui et non. L'EMDR a plusieurs processus bien validés et elle répond aux conditions minimales des psychothérapies de l'IEIEC. Par contre, des corrections sont nécessaires, notamment concernant les souvenirs sources.
    L'intéroception est surtout un processus d'intégration cognitive.
    Oui et non. L'intéroception est effectivement associée avec l'intégration cognitive. Mais elle consiste avant tout en la centration sur le corps et à ce qui se passe en soi.

    Sources

    Aldao, A., Nolen-Hoeksema, S., & Schweizer, S. (2010). Emotion-regulation strategies across psychopathology: A meta-analytic review. Clinical Psychology Review, 30(2), 217-237. doi:10.1016/j.cpr.2009.11.004

    BESSEL A. VAN DER KOLK (2006), Clinical Implications of Neuroscience Research in PTSD, Psychobiology of Posttraumatic Stress Disorder: A Decade of Progress (1071), p 277–293

    Bisson, J., Roberts, N.P., Andrew, M., Cooper, R. & Lewis, C. (2013). Psychological therapies for chronic post-traumatic stress disorder (PTSD) in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, DOI: 10.1002/14651858.CD003388.pub4

    Bradley, R., Greene, J., Russ, E., Dutra, L., & Westen, D. (2005). A multidimensional meta-analysis of psychotherapy for PTSD. American Journal of Psychiatry, 162, 214-227.

    Carl Rogers (1962), Les caractéristiques d’une approche centrée sur la personne, consulté sur http://acp-pr.org/caracteristiques.html

    Craske, M. G., Treanor, M., Conway, C. C., Zbozinek, T., & Vervliet, B. (2014). Maximizing exposure therapy: an inhibitory learning approach. Behaviour Research and Therapy, 58, 10-23. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.brat.2014.04.006

    EMDR Institute, Are eyes movements considered essential to EMDR therapy?, consulté sur : http://www.emdr.com/frequent-questions/

    Emotion foscued Therapy Clinic, http://www.emotionfocusedclinic.org/whatis.htm

    McLean & Foa. (2011) Prolonged exposure therapy for post-traumatic stress disorder: a review of evidence and dissemination. Expert Rev. Neurother. 11(8), 1151–1163

    Orban (2018), EMDR ET SOUVENIR SOURCE : UNE CRITIQUE FONDÉE, http://pierre-orban.psychotherapiebelgique.be/articles/emdr-et-souvenir-source-une-critique-fondee