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    Psychothérapie Belgique

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    Pensées répétitives dysfonctionnelles et dépression

    homme proéccupé

    Les recherches indiquent que les thérapies centrées sur les ruminations sont nécessaires. Pourtant, elles restent peu connues des psychologues et du grand public. Cet article traite de la pertinence de ces thérapies pour la dépression.

    Les pensées répétitives dysfonctionnelles

    Il est courant pour nous tous d’avoir des pensées répétitives durant une période prolongée autour d’événements et de thématiques significatives pour nous (1). Il peut s’agir d’un mariage, d’un examen, d’une relation amoureuse qui s’est terminée ou encore d’un examen médical à venir. Toutes ces pensées ne sont pas nécessairement dysfonctionnelles. Au contraire, lorsqu’elles sont centrées sur la résolution des problèmes ou sur les aspects positifs des événements, elles sont utiles à notre bien-être et notre santé mentale (1).

    Par contre, lorsqu’elles sont négatives, auto-critiques, pessimistes, inquiétantes et dévalorisantes, elles nous rendent plus à risque de mal-être, mais aussi de déclencher et de maintenir des difficultés psychologiques. Et c’est un tort de penser que leur impact est mineur. Par exemple, une méta-analyse reprenant 114 études étudiant le lien entre les stratégies de régulation émotionnelle et la psychopathologie a montré que les ruminations étaient la stratégie de régulation émotionnelle la plus impactante sur la psychopathologie (2).

    Les pensées répétitives dysfonctionnelles prédisent la dépression

    Wilkinson, Croudace et Goodyer (3) ont suivi 658 adolescents qui n’avaient ni maladie mentale, ni maladie physique, mais était exposé à au moins l’une des difficultés de vie suivante : avoir un parent avec une histoire psychiatrique, avoir ses parents qui se sont séparés récemment ou encore avoir des difficultés amicales. Cette sélection se justifie car des chercheurs (4) ont montré que les événements de vie stressants prédisaient une plus grande tendance à ruminer.

    Une première conclusion de leur étude est que les ruminations prédisaient l’apparition d’une dépression et l’intensité de la dépression un an plus tard, y compris en prenant en compte les symptômes dépressifs initiaux. Une seconde conclusion de leur étude est que les adolescents qui réagissaient plutôt par la résolution de problèmes et la distraction quand leur humeur était basse étaient moins à risque de dépression.

    Il peut être intéressant de nuancer et compléter les résultats de cet article à partir de la revue de littérature empirique colossale réalisée par Watkins et intitulée « Pensées constructives et non-constructives » (1). Pointons les conclusions suivantes : (a) Les ruminations sont un prédicteur de la dépression uniquement si elles sont négatives et (b) les croyances négatives préexistantes sur soi-même, les autres ou le monde peuvent augmenter l’impact négatif des ruminations. Par ailleurs, il est bien établi que les personnes anxieuses et déprimées ont davantage tendance à ruminer. (5)

    Les thérapies centrées sur les ruminations

    Les données indiquent clairement que les interventions thérapeutiques centrées sur la gestion des ruminations constituent un traitement efficace pour la dépression clinique. Une méta-analyse a notamment trouvé un effet très large sur la dépression de la thérapie méta-cognitive de Wells (g de Hedge en post-traitement =2). Notons que l’efficacité de cette thérapie qui cible précisément les ruminations a été évaluée à partir de seulement 8 séances en moyenne. (6) D’autres thérapies comme la thérapie comportementale et cognitive centrée sur les ruminations nécessitent davantage de recherches .

    illustration graphique d'un d de cohen de 2 en comparant deux distributions normales

    Les thérapies qui ciblent le contenu des ruminations restent évidemment importantes. Rappelons d’ailleurs que la thérapie cognitive pour la dépression a reçu un bon support empirique (7).

    Références

    dessin de livres superposés

    1. Watkins, E. R. (2008). Constructive and unconstructive repetitive thought. Psychological Bulletin, 134(2), 163-206. doi:10.1037/0033-2909.134.2.163

    2. Aldao, A., Nolen-Hoeksema, S., & Schweizer, S. (2010). Emotion-regulation strategies across psychopathology: A meta-analytic review. Clinical Psychology Review, 30(2), 217-237. doi:10.1016/j.cpr.2009.11.004

    3. Wilkinson, P. O., Croudace, T. J., & Goodyer, I. M. (2013). Rumination, anxiety, depressive symptoms and subsequent depression in adolescents at risk for psychopathology: A longitudinal cohort study. BMC Psychiatry, 13(1). doi:10.1186/1471-244x-13-250

    4. Michl, L. C., Mclaughlin, K. A., Shepherd, K., & Nolen-Hoeksema, S. (2013). Rumination as a mechanism linking stressful life events to symptoms of depression and anxiety: Longitudinal evidence in early adolescents and adults. Journal of Abnormal Psychology, 122(2), 339-352. doi:10.1037/a0031994

    5. Olatunji, B. O., Naragon-Gainey, K., & Wolitzky-Taylor, K. B. (2013). Specificity of Rumination in Anxiety and Depression: A Multimodal Meta-Analysis. Clinical Psychology: Science and Practice, 20(3), 225-257. doi:10.1111/cpsp.12037

    6. Normann, N., Emmerik, A. A., & Morina, N. (2014). The Efficacy Of Metacognitive Therapy For Anxiety And Depression: A Meta-Analytic Review. Depression and Anxiety, 31(5), 402-411. doi:10.1002/da.22273

    7. Gloaguen, V., Cottraux, J., Cucherat, M., & Blackburn, I. (1998). A meta-analysis of the effects of cognitive therapy in depressed patients. Journal of Affective Disorders, 49(1), 59-72. doi:10.1016/s0165-0327(97)00199-7