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    Psychothérapie Belgique

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    Psychologue Psychothérapeute

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    L'efficacité thérapeutique

    homme marche montagne

    Dans la nouvelle loi de protection de la psychothérapie (2016), la notion de psychothérapie renvoie à « un ensemble cohérent de moyens psychologiques s’inscrivant dans un cadre de référence psychologique scientifiquement étayé et exigeant une collaboration interdisciplinaire. » Mais qu’entend-on par « scientifiquement étayé » ?

    Introduction

    Dans la nouvelle loi de protection de la psychothérapie (2016), la notion de psychothérapie renvoie à « un ensemble cohérent de moyens psychologiques s’inscrivant dans un cadre de référence psychologique scientifiquement étayé et exigeant une collaboration interdisciplinaire. » Mais qu’entend-on par « scientifiquement étayé » ?

    La médecine basée sur la preuve

    En médecine lorsqu'on parle de "pratiques fondées sur des preuves", on fait habituellement référence aux connaissances qui sont déduites de recherches cliniques systématiques. Celles-ci sont principalement réalisées dans le domaine du pronostic, du diagnostic et du traitement des maladies. Ces études cliniques peuvent globalement être réalisées de trois manières : sous forme d'essais contrôlés randomisés (répartition au hasard de patients dans deux groupes, où un reçoit le traitement et l’autre un placebo), de méta-analyses (analyse des résultats d’études comparables), ou d'études transversales (étude d’une population donnée, pendant un certain laps de temps). Elles sont globalement bien construites lorsqu'il s'agit d'évaluer un test diagnostique ou de pronostiquer l'évolution d'une maladie (Sackett, 1996). Les connaissances médicales se basent donc sur des résultats valides que l'on peut ensuite appliquer dans la pratique médicale courante (Evidence-Based Medicine Working Group, 1992).

    Mais comment cela se passe alors dans le domaine des pratiques de soins de santé mentale? Pour comprendre cela, il est important de comprendre ce que signifient les termes pronostic, diagnostic et traitement.

    Le pronostic, le diagnostic, le traitement

    *Médicalement, le pronostic est « une prévision de l'évolution probable ou de l'issue d'une maladie. Le pronostic est basé sur la connaissance de l'évolution habituelle de la maladie, qui se combine avec la prise en compte de facteurs pouvant influencer cette évolution ». (Delvenne, 2012) En psychothérapie, il est important que le praticien connaisse le pronostic de la maladie mentale qui affecte le patient afin de pouvoir le soigner au mieux. Par exemple, il est important qu’un psychothérapeute sache que le trouble dépressif majeur est un trouble à risque de rechute et qu’une prévention des rechutes est nécessaire. Il devra également savoir que l’activité physique, la gestion des ruminations, la résolution des problèmes du quotidien, la gestion du stress et le support social font, entre autres, partie des facteurs pouvant prévenir les rechutes.

    *Le diagnostic médical est une « procédure permettant de reconnaître une maladie sur la base des symptômes décrits et des examens pratiqués par le médecin » (Delvenne, 2012). En psychologie, la notion de diagnostic est encore en évolution. Pour établir un diagnostic, de nombreux psychothérapeutes se réfèrent soit à l'utilisation de questionnaires "validés", soit au "DSM V" qui est un manuel diagnostique permettant de poser un nom codifié pour un ensemble de symptômes donnés.

    *En médecine comme en psychologie, un traitement est "l'ensemble des méthodes employées pour lutter contre une maladie et tenter de la guérir." (Larousse, 2016). Il est maintenant possible en psychologie, de constituer et de recourir à des techniques dont l’efficacité et la fiabilité sont prouvées (Barlow, 2004). Pour ce faire, ces méthodes doivent être le résultat d’études cliniques rigoureuses et systématiques.

    La psychologie basée sur la preuve

    Comme la médecine, la psychologie peut récolter des preuves qui sont déduites de recherches cliniques systématiques, réalisées principalement dans le domaine du pronostic, du diagnostic et du traitement des maladies. À nouveau, ces recherches se basent sur des résultats valides et applicables dans la pratique psychologique courante. L’ouvrage célèbre « Abnormal Psychology» de Durant et Barlow (2005) en est représentatif.

    L’efficacité psychothérapeutique

    La psychothérapie basée sur la preuve ne doit pas être confondue avec l’efficacité thérapeutique qui consiste à évaluer l’efficacité d’une approche thérapeutique. L’avantage est que l’efficacité psychothérapeutique s’applique aux diverses psychothérapies de façon beaucoup plus souple que la notion de psychothérapie basée sur la preuve.

    L’évaluation même des psychothérapies comme traitement est sujette à certains débats comme l’indique la déclaration du comité d’experts au ministre de la santé, selon qui « chaque école psychothérapique est efficace selon les critères qu’elle se donne. » (cité par Phillipot et Van Broeck, 2005, p.6).

    Mais si l’on accepte d’étudier l’efficacité à moyen et long-terme des psychothérapies du point de vue de l’efficacité clinique, il ressort que les certaines méthodes psychothérapeutiques sont plus efficaces que d'autres pour certains troubles. Par exemples, pour la dépression post-partum, les thérapies structurées individuelles ou systémiques (couple, famille) sont bien validées (Barbato et collègues, 2008). Pour d’autres troubles, comme les phobies spécifiques par exemple, ce sont des thérapies structurées dites par « exposition », qui sont les plus efficaces (Wolitzky-Taylor et collègues, 2008). Et peut-être que pour les difficultés existentielles, ce sont les thérapies de soutien et non-directives qui le seront davantage…

    Discussion

    Bien que l’évaluation de l’efficacité des psychothérapies puisse susciter certaines réserves, c’est toutefois une nécessité si nous souhaitons aller vers un remboursement plus complet des psychothérapies. Comme l'a écrit Xavier Brenez, Directeur Général de l’Union Nationale des Mutualités Libres en 2013, espérons qu’« il ne faudra pas attendre encore plusieurs années pour obtenir le remboursement au moins partiel de certains types de psychothérapies ayant fait leurs preuves ».

    Quiz

    Les essais contrôlés aléatoires, les méta-analyses, ou les études transversales sont utilisés pour la recherche en médecine mais pas pour la recherche en psychologie.
    Faux. Ces types d’études sont également employés pour faire avancer la recherche concernant l’élaboration de pronostics et de diagnostics dans le domaine de la santé mentale. Elles peuvent aussi permettre de valider l'efficacité thérapeutique.
    En psychologie, il est possible de poser des diagnostics et des pronostics basés sur la preuve.
    Vrai, on peut ainsi par exemple diagnostiquer une dépression en examinant si on retrouve un certain nombre de symptômes tels que tristesse, fatigue, idées noires, perte d'appétit, troubles du sommeil…
    La seule approche thérapeutique efficace est la thérapie cognitivo-comportementale.
    Faux : Différentes méthodes issues de différentes approches peuvent être efficaces en fonction du problème à traiter.

    Sources

    Barbato, A., D’Avanzo, B. (2008). “Efficacy of Couple Therapy as a Treatment for Depression: A Meta-Analysis”. Psychiatric Quarterly, 72 (2), 121-132.

    Barlow, D.H. (2004) “Psychological treatments”. American Psychologist, 59(9), 869-878 DOI : 10.1037/0003-066X.59.9.869.

    Claridge, A.M.. (2014) “Efficacy of systemically oriented psychotherapies in the treatment of perinatal depression: a meta-analysis”, Archives of Women's Mental Health, 17(1), 1-15.

    Commission des psychologues (2016). « Nouvelle législation concernant la psychologie clinique et la psychothérapie. » En ligne. URL : https://www.compsy.be/fr/travailler-comme-psychologue-clinicienne-et-psychotherapeute. Page consultée le 12 novembre 2016.

    Cuijpers, P., Driessen, E., Hollon, S.D., van Oppen, P., Barth, J. & Andersson, G. (2012). The efficacy of non-directive supportive therapy for adult depression- A meta-analysis of randomized controlled trials, Clinical Psychology Review, 32, 81-92.

    Delvenne, C. (2012). « Introduction à l’Evidence-Based Medicine ». Bibliothèque de la faculté de Médecine. Ulg. En ligne. URL : http://www.ebm.lib.ulg.ac.be/prostate/ebm.htm. Page consultée le 31 mars 2017.

    Doctissimo. (2016). « Dictionnaire médical. Définition du mot Pronostic ». En ligne. URL : http://dictionnaire.doctissimo.fr/definition-pronostic.htm. Page consultée le 12 novembre 2016.

    Durant,V.M. & Barlow, D.H. (2005) “Abnormal psychology: an integrative approach”. USA: Thomson Wadsworth.

    Evidence-Based Medicine Working Group. (2012). “Evidence-based medicine. A new approach to teaching the practice of medicine.” Pub Med, 268, 2420-2425.

    Futura Santé. (2016). “Définition santé: Diagnostic ». En ligne. URL : http://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-diagnostic-2662/. Page consultée le 12 novembre 2016.

    Philippot P., & Van Den Broeck, N. (2005). La psychothérapie à la croisée des chemins: Recherche, évaluation, formation. Acta Psychiatrica Belgica, 106, 99-104.

    Wolitzky-Taylor, K.B., Horowitz, J.D., Powers, M.B., Telch, M.J. (2008). “Psychological approaches in the treatment of specific phobias: A meta-analysis”. Clinical Psychology Review , 28 (6), 1021-1037.